La virtualisation

Un logiciel de virtualisation (ou d’émulation, peu importe la différence ici) simule le fonctionnement d’un ordinateur, par exemple un PC.

Ce PC virtuel accède aux principaux périphériques de votre PC réel :
- l’écran : le logiciel de virtualisation affiche une fenêtre représentant l’écran de votre PC virtuel. On peut ajuster la taille et la résolution de cet écran de PC virtuel, dans les limites bien entendu de votre écran réel;
- le clavier : vous pouvez transmettre des instructions aux programmes tournant dans votre PC virtuel. Il en est de même pour la souris.
- un lecteur de CD/DVD : on peut ainsi installer un système d’exploitation et des programmes dans le PC virtuel,
- la carte réseau : on peut par exemple attribuer au PC virtuel une adresse ip distincte de celle du PC réel, et tout se passe comme si 2 PC distincts étaient connectés au réseau. Il peuvent d’ailleurs communiquer.

Tel quel, un PC virtuel ne sert pas à grand-chose si on n’y installe pas au moins un système d’exploitation. Un des grands intérêts de la virtualisation est qu’on peut utiliser un PC virtuel doté d’un système d’exploitation très différent de celui du PC réel hébergeur :
- virtualiser du Linux dans un PC réel tournant sous Windows,
- l’inverse,
- ou bien utiliser dans le PC virtuel une version de Windows différente de celle installée sur le PC réel hébergeur.

Un des intérêts de la virtualisation est donc de pouvoir facilement utiliser des configurations diverses, sans devoir à chaque fois se procurer un PC vide, ou en effacer la configuration précédente. En effet, un PC virtuel se sauvegarde naturellement à l’extinction du logiciel de virtualisation. Cette sauvegarde est complète, elle comprend aussi bien le système d’exploitation, tous les programmes installés dans le PC virtuel, tous les documents qu’il contient, et même la configuration elle-même du PC virtuel : résolution de l’écran, adresse ip par exemple. Tout ceci prend la forme d’un dossier de fichiers situé sur le disque du PC réel, et peut être aisément transporté sur un autre PC réel équipé du même logiciel de virtualisation.
On peut ainsi gérer des collections de PC virtuels correspondant à diverses configurations, et archiver ces PC virtuels comme n’importe quels autres documents informatiques. On peut « déplacer » un PC virtuel d’un PC réel à l’autre, par exemple en le transférant par le réseau.

En ce qui concerne le PC réel hébergeur, le logiciel de virtualisation est a priori un logiciel comme les autres, et on peut normalement le faire fonctionner en même temps que d’autres logiciels. Par exemple, un PC réel pourra communiquer avec le PC virtuel qu’il héberge et qui est configuré en tant que serveur Internet. Ou l’inverse…
La principale contrainte pour le PC réel hébergeur est sa quantité de mémoire vive (RAM). Le PC virtuel, c’est-à-dire le logiciel de virtualisation, doit disposer de la quantité de RAM nécessaire pour faire tourner le système d’exploitation installé sur le PC virtuel, ainsi que le (ou les) programme(s) tournant sur ce PC virtuel. Mais, sauf configurations particulières, cette contrainte n’est plus très lourde de nos jours, où il est facile de trouver des PC équipés de plus de 4 Go de RAM, même des portables.

A quoi peut servir la virtualisation en entreprise ?

Les usages de la virtualisation sont nombreux et ce secteur est en développement rapide. Voici 3 exemples :

- on peut avoir besoin de logiciels anciens, pour relire d’anciens documents : la compatibilité des documents d’une version à l’autre d’un logiciel, n’est pas toujours parfaite…
Le problème est alors qu’un logiciel ancien nécessite souvent une ancienne version du système d’exploitation. Et installer une ancienne version d’un logiciel d’exploitation sur un PC récent n’est pas toujours possible, du fait que les fabricants de cartes vidéo, par exemple, ne développent pas toujours de drivers pour d’anciens systèmes d’exploitation.
Créer un PC virtuel « ancien » est alors une bonne solution. Les éditeurs de logiciels de virtualisation simulent des cartes vidéo relativement simples – et suffisantes la plupart du temps – et font l’effort de fournir les drivers correspondant à de nombreux systèmes d’exploitation, y compris des anciens. Ce PC virtuel « ancien », présent sur le réseau comme son PC réel hébergeur et comme n’importe quel autre PC, pourra sans problème accéder aux anciens documents à relire ou à imprimer de nouveau. Et un PC virtuel « ne s’use pas », et se conserve (s’archive) aisément.

- plusieurs tâches effectuées par un service informatique (en développement, en test) peuvent être confrontées à des bugs, dont certains peuvent altérer irréversiblement la configuration du PC sur lequel ils se produisent. L’informaticien perd alors souvent beaucoup de temps à reconfigurer un PC en repartant de zéro. Ces incidents inéluctables sont source de retards et de surcoûts.
Effectuer ces tâches risquées dans un PC virtuel offre des gains de temps non négligeables en cas d’incident : il suffit alors d’abandonner ce PC virtuel et de redémarrer sa dernière sauvegarde, effectuée avant cet incident. La supériorité de la virtualisation réside ici dans le fait qu’une sauvegarde de PC virtuel contient tout, y compris les moindres réglages du système d’exploitation, et qu’elle est pratiquement instantanée. Et faire redémarrer un PC virtuel est infiniment plus rapide que d’essayer d’en restaurer un réel.

-  dans une entreprise, différents serveurs (partage de fichiers, messagerie, bases de données) présentent la caractéristique commune, indépendamment de l’éventuelle disparité de leurs systèmes d’exploitation, de nécessiter des configurations suffisamment puissantes pour répondre à des besoins en crête bien supérieurs à la moyenne de ces besoins.
On peut utilement virtualiser ces différents serveurs et les installer sur un unique PC réel (dans la pratique, un serveur plus ou moins puissant), avec un logiciel de virtualisation capable de réaffecter dynamiquement de la RAM à celui des PC virtuels qui en a besoin. De la sorte, cet unique PC réel sera moins puissant et moins coûteux que la somme des serveurs qu’il remplace. Cet avantage s’ajoute à ceux de sauvegardes aisées, de gestion éventuelle de configurations différentes, voire exotiques, sans oublier les gains de place, de facilité d’administration, et souvent de moindre dégagement de chaleur.